Le périple en chiffres

July 6th, 2008 par Nicolas

Catégorie sport

  • Nb total de kilomètres parcourus : 4981km
  • Nb total d’heures de vélo : ~ 260 heures
  • Nb de tours de roue : ~ 2 490 500
  • Vitesse moyenne totale : ~ 19.15 km/h
  • Vitesse maximale atteinte en pointe : 79.5 km/h
  • Etape la plus longue en temps : 6h48min
  • Etape la plus longue en km : 177 km
  • Etape la plus rapide : 26.38 km/h
  • Etape la plus courte en temps : 1h44min
  • Etape la plus courte en km : 26 km
  • Etape la plus lente : 13 km/h
  • Nb d’étapes de plus de 100 km : 6
  • Dénivelé maximum estimé : ~ 2000m
  • Altitude maximale : 2245m
  • Relais le plus long : 110 km
  • Relais le plus rapide : ~ 32 km/h
  • Nb de cols : ~ 20
  • Nb de véhicules motorisés doublés (en vitesse de croisière) : ~ 5

Catégorie voyage

  • Nb de jours total jusqu’à Agadir : 76
  • Nb de jours de vélo : 64
  • Nb de jours de repos : 6
  • Kilométrage moyen par jour de vélo : ~ 75
  • Ligne droite la plus longue : ~ 50 km
  • Nombre de nuits de campings : 12
  • Nombre de nuits d’hébergement gratuit : 17
  • Nombre de nuits en auberge : 6
  • Nombre de nuits d’hôtel : 4
  • Nombre de nuits de camping sauvage : 36
  • Nombre de jours de pluie : 23
  • Poids approximatif de bagages transporté : ~ 60 kg
  • Poids de bagages équivalent ramené à une distance Chambéry - Grenoble : ~ 5 Tonnes

Catégorie matériel

  • Nb d’arrêts chez un magasin de cycles : ~ 15
  • Nb de roues voilées : ~ 2
  • Nb de roues cassées : 2
  • Nb de rayons pétés : ~ 4
  • Nb de crevaisons : 5

Catégorie alimentation

  • Consommation totale estimée de pâtes/riz : ~ 50kg
  • Consommation totale estimée de pain : ~ 50kg
  • Consommation totale estimée de coca/soda : ~ 130L
  • Consommation totale estimée d’eau : ~ 700L
  • Consommation totale estimée de bières : ~ 15L
  • Consommation totale estimée d’essence : ~ 5L

Catégorie santé

  • Record de nb d’arrêt caca en une journée : 11
  • Record du nb de jours de diarrhée consécutifs : 7
  • Record du nb de jours de diarrhée cumulés : ~ 10
  • Record du nb de jours sans douche consécutifs : 7
  • Nb de jours de douche total (hors jours de repos) : 26

Hors catégorie

  • Nb de rouleaux de PQ consommés : ~ 9
  • Nb de chutes : 3
  • Nb de cartes SIM utilisées : 6
  • Nb de livres lus par personne : 7
  • Nb total de cartes postales envoyées : ~ 70
  • Nb de lessives faites à la machine : 3
  • Nb de lessives faites à la main : ~ 20
  • Nb de billets de blog publiés : 25
  • Nb de pages écrites dans les carnets de route : ~ 250

NB : Données concernant uniquement ce qui s’est passé depuis le départ de Chambéry le 13 avril jusqu’à l’arrivée à Agadir le 27 juin ; certains chiffres ne sont que des estimations.

Le jour le plus long

June 28th, 2008 par Nicolas

Vendredi 27 juin, 6h du matin. Nous ouvrons un œil hagard. Malgré l’heure matinale, la lueur de l’aube nous englobe déjà depuis un certain temps. Dans quelques minutes, le soleil se lèvera, là bas derrière la montagne. Difficilement, et les paupières encore lourdes de sommeil en retard, nous nous levons. Pain et Nutella (ou une pâte qui est au Nutella ce que le Cola est au Coca…), voilà une recette facile pour bien démarrer la journée. Le temps de plier nos duvets, et la bâche (nous ne montons plus la tente au Maroc, il fait trop chaud…), et nous sommes presque prêts à partir. Une nuit de plus dans le désert, et toujours pas d’attaque de scorpions ; tout va bien. Enfin Laurent et Louis sont encore malades, mais bon…

Situation : nous sommes 6km après Talouine, dans les contreforts Ouest de l’Anti-Atlas. Devant nous une plaine désertique. Puis une longue vallée. Au bout, loin, l’océan, Agadir. Le repos. Nous enfourchons les vélos ; il est 7h30.

Une plaine désertique (pas la même)

Nous avions imaginé pouvoir finir en beauté, par une étape fleuve. Mais les difficultés rencontrées les 2 derniers jours, la fatigue, la chaleur, et la diarrhée aigüe de Louis nous avaient mis le doute dans la tête. Pourtant, l’espoir renaît lorsque le début de l’étape se présente comme plat franchement descendant. En 1h, nous avons parcouru 32km. De plus, en nous arrêtant remplir nos bouteilles d’eau, et à l’entame d’une longue ligne droite de 40km marquant l’entrée de la plaine, nous nous rendons compte que le vent souffle assez fort dans notre dos. Un vent d’Est qui nous pousse à des allures surprenantes : 30, 35km/h…

Nous roulons sans arrêt pendant toute la matinée ; la plaine est vite derrière nous et la vallée bien entamée à 11h30 lorsque assoiffés nous nous arrêtons dans une station service pour acheter 2L de Coca. En effet, le vent d’Est / Sud Est qui nous pousse est un vent qui vient du désert. Au rayonnement du soleil (environ 40°) s’ajoutent donc des bouffées d’air chaud qui nous donnent à chaque rafale l’impression de passer la tête devant le four lorsque la pizza est prête ! Nous buvons constamment, quasiment 1L toutes les 30min au plus fort de la chaleur. Et pourtant ça descend… Nous en sommes à 100km.

Dans notre concentration nous avons un peu oublié de gérer le repas de midi. Je propose d’acheter de suite du pain et du thon dans une épicerie (il est déjà 11h30) mais Laurent et Louis préfèrent trouver un restaurant sur la route afin de pouvoir y rester ensuite au frais jusqu’à la fin de l’après-midi. Pourquoi pas ? Mais l’offre manque sur la route, et nous ne trouvons rien de satisfaisant avant midi et quelques, heure où la chaleur est déjà insupportable avec le vent “sèche-cheveux”. Par chance, le restaurant que Laurent trouve et qui fait aussi “Bed & Breakfast” a une piscine, ce qui nous permettra de survivre sans brûler jusqu’à 17h30. En plus la cuisine, bien qu’assez chère, était bonne. Nous en sommes à 115km.

La piscine

Nous repartons donc, avec pour objectif d’aller au bout. Mais si jusqu’alors, nous avions une moyenne horaire vent dans le dos de plus de 29km/h, les conditions ont changé. La fin de journée venant, le vent a changé de direction et souffle maintenant contre nous, sans pour autant avoir perdu en température. Nous progressons maintenant à 20km/h, en prenant des relais et en forçant. C’est dur, très dur. Nous tenons comme ça 1h, 1h30… Enfin, la température baisse avec le soleil, et le vent, qui perd de sa force, devient frais ! Nous redoublons d’efforts en entrons dans la périphérie d’Agadir vers 21h.

Nous suivons les grands boulevards, nous perdons un peu, puis après questionnements successifs et indications faiblement convergentes arrivons à l’hôtel que nous avions repéré sur le guide du Routard un peu avant 22h. Cette fois la nuit est tombée, mais la ville est très bien éclairée. Le temps de prendre des douches, nous ressortons et allons au MacDonald que nous avions repéré sur la route. Nous mangeons chacun 2 menus maxi best of, sauf Laurent qui avait mal au ventre…

“Bonjour je voudrais 2 menus Maxi Best-of s’il vous plait”

Nous nous couchons tard, bien morts, mais heureux d’être à Agadir et de cette grande étape finale : 177km, 6h42, 26.38km/h de moyenne. J’arrête le vélo…

Echange vélo Lapierre fait main, jaune, 10 000km, contre tout véhicule motorisé…

La remise des vélos !

June 23rd, 2008 par Laurent

Il était une fois à Chambéry, trois jeunes amis décidèrent de partir à l’aventure. Ils s’appelaient Louis “ça va monter”, Nicolas “je porte la tente”, et Laurent “j’ai faim”. Ces trois jeunes amis étaient à la recherche d’un challenge, ils entreprirent alors de participer au marathon du royaume de Sodoku, mais furent éliminés pour usage de sorcellerie informatique. Puisque les entreprises de l’esprit ne leurs réussissaient pas, ils optèrent pour un défi sportif. Ils décidèrent de rallier Agadir, au royaume du Maroc, depuis Chambéry. Chevauchant leur bicyclette, ils parcoururent moult lieues, et avant d’arriver au terme de leur périple, s’arrêtèrent dans le petit village de Skoura, au delà des terres arides et des montagnes. Le lecteur aura soin de lire les autres tomes du blog pour prendre connaissance de la totalité de leur aventure, il sera traité dans ce tome de leur seul séjour à Skoura.

Louis à l’attaque de l’Atlas, avec 8.5L d’eau de la rivière dans son sac vert.

Revenons un peu avant leur arrivée à Skoura. Louis, Nicolas et Laurent se trouvaient alors dans les hautes montagnes de l’Atlas. Les montagnes étaient magnifiques. Hélas, peu de personnes y habitaient, et il leur fallait transporter rafale provisions, constituées principalement de pain et de sardines, et boire l’eau de rivières. Ils sortirent vivants de cet épisode épique, et se dirigeaient à présent vers Skoura. Ils firent halte Chez Talout, excellent aubergiste, homme intègre au grand cœur, et se reposèrent pendant deux jours.

Ahmed, Laurent, Talout, Nico, Dbagh, Louis lors de la remise des vélos.

Après ce repos bien mérité, ils se mirent à la tâche. En effet, ils étaient venus jusqu’à Skoura avec l’espoir d’aider les jeunes gens des environs à aller à l’école. Avant de partir, leur entourage, mais aussi l’Institut Eurecom, NXP Semicondutors, et Atos Origin, leurs avaient confié un véritable petit trésor. Grâce à l’aide de Karine d’Azekka et d’Abdemoulah Talout, ils firent bon usage de ce petit trésor, ils firent l’acquisition de 54 montures à deux roues. Ces montures étaient destinées aux jeunes gens habitant loin de leur collège et de leur lycée, devant parcourir des distances gargantuesques tous les jours, deux fois par jours.

Louis était devenu un expert de la clef allen et de la clef plate de 10.

Pendant trois jours ils s’affairèrent à la remise en état des 54 montures, grâce à l’aide des talents de Brahim Maitre cycliste de Skoura, et de son jeune fils, Mohamed. Il faut avouer que Louis, Nicolas, et Laurent progressaient lentement en comparaison de Brahim, qui d’un tour de main, remettait à neuf les montures épuisées. Cependant, à force de persistance, après d’innombrables changements de pneus, de câbles, réglages de dérailleurs et de freins, les picalas, comme les jeunes aiment à appeler les montures à deux roues au royaume du Maroc, étaient prêts à l’utilisation. Ils étaient même tous équipés d’une dynamo !

Louis comptait les 54 vélos le jour de la remise, pendant que je comptais sur lui (risqué).

C’est ainsi que Dimanche 22 Juin, ils firent connaissance de 54 jeunes gens des environs de Skoura, collégiens, collégiennes, lycéens et lycéennes sérieux et motivés pour étudier, malgré leurs revenus modestes, et la distance qui les séparent de l’école. Sous promesse d’être assidus et sérieux, il leur a été remis à chacun un picala, pour le seul usage du trajet scolaire. Ce picala reste la propriété de l’association, et sera transmis à un autre élève à la fin de leur cursus secondaire. 33 filles et 21 garçons ont pu bénéficier d’un picala équipé d’une dynamo, et d’un kit de réparation.

La remise des picalas le matin, avec l’équipe pédagogique.

Remise des picalas dans l’après midi.

L’histoire ne dit pas encore s’ils réussiront tous des études brillantes. Ils profitent pour l’instant de vacances bien méritées. Ils vécurent des vacances heureuses, et eurent de nombreuses rentrées scolaires.

Quant à Louis, Nicolas et Laurent, leurs aventures ne sont pas encore terminées…

L’accueil Marocain à l’essai : 85/100 !

June 23rd, 2008 par Nicolas

Arrivés depuis une semaine à Skoura, nous avons eu l’opportunité de tester l’accueil marocain. Mais attention, le vrai accueil ; pas celui du touriste américain fortuné promenant sa bedaine et le décolleté indécent de sa femme de Riad en Riad. Ni celui du cyclo-sportif qui après une longue journée de pédalage, encore plein de sueur ou au mieux s’étant baigné dans la rivière, cherche un endroit discret pour ne même pas planter sa tente, et s’écrouler sur le sol jusqu’au lendemain, au plus grand étonnement des quelques enfants bergers du coin. Non, rien de cela ; cette fois, nous avons testé l’accueil du voyageur. Solidaire, qui plus est ; mais si cela aide à pousser la première porte, tout l’enchainement qui s’ensuit ne le requiert pas forcément…

Nous avons testé cet accueil, donc, et nous sommes maintenant en mesure de lui attribuer une note : 85/100 ! Une mention TB donc. 85% comme la proportion des repas pour lesquels nous avons été invités depuis notre arrivée ici. 11 invitations gratuites, pour 2 repas au restaurant ; et même là, nous payons mais ne mangeons pas seuls.

Trois de nos nombreux bienfaiteurs

Tout a commencé lorsque nous sommes arrivés et nous sommes dirigés vers Chez Talout, un peu au hasard, car il est le relais local principal de l’association Azekka. Il nous a invités 2 jours en pension complète dans son auberge, qui est plutôt assez haut standard pour le pays (200dH - soit 20€ - par personne et par nuit normalement). Ensuite l’association partenaire locale d’Azekka nous a prêté un local (qui est en fait un appartement) pour le reste de notre séjour ici. Tous les partenaires locaux ont tenu à nous inviter tour à tour : les 2 présidents d’association (plusieurs fois), un prof de français du collège, un autre prof du collège, d’autres membres de l’association, d’autres gens que nous rencontrons au hasard…

A chaque fois le menu est de fête : cela commence par un traditionnel thé, préparé avec le plus grand soin (cf billet de Louis), et souvent accompagné de pâtisseries. Ensuite, un plat géant de crudités bien ordonnancées (par exemple : pomme de terre froide + betterave + carotte râpées + riz + olives) dans lequel tout le monde se sert en même temps. Puis un Tajine non moins immense (Grand plat de terre  cuite couvert d’un couvercle pointu qui le fait ressembler à une pyramide et dans lequel les aliments sont cuits à la vapeur) contenant moult légumes aux saveurs embaumantes (et pourtant c’est des légumes) recouvrant de la viande bouillie, et le tout parfaitement assaisonné de cumin et multiples autres épices que nul que saurait reconnaitre.

 

Le traditionnel plat Tajine

Pas de couverts pour ce plat, seulement de grandes galettes de pain à peine plus levées qu’une pizza McCain que l’on découpe à la main et dont chacun se sert pour piocher des bouchées dans le plat principal. Inutile de préciser que pour finir un tel plat, le non-initié doit donc s’enfiler une ou deux consistantes galettes, au bas mot. Surtout que l’hôte, qui préconise pourtant les vertus de manger lentement, se fait un devoir de ne laisser aucun de nous sans nourriture dans la main (ou sans pain) pendant plus d’une demi seconde à coup de grands “Bismilah, bismilah…” (littéralement “Au nom de dieu”, utilisé pour dire “Je vous en prie, faites moi honneur, resservez-vous, mangez !”), même si nous avons la bouche encore plus que pleine. Après s’etre lavé les mains (car globalement, on a quand meme mangé avec les mains…), le repas finit par un plateau intégralement rempli de pastèque et de melon d’eau, pour faire passer le tout. Là aussi la quantité ne fait pas obstacle à la qualité. Même Maxime atteindrait ses limites en moins d’une semaine, je pense.

 

On se lave les mains avant et après manger…

Aujourd’hui même nous devront faire un choix parmi 4 invitations. Une pour le déjeuner, une pour le diner, une pour le thé vers 5h, et une autre encore que nous devrons surement décliner. Avec notre départ annoncé demain à l’aube, les sollicitations se font de plus en plus dense et nul doute que toutes ne pourront être honorées.

C’en est tellement, et les repas sont si copieux à chaque fois, que ça en devient éprouvant pour le corps et l’esprit. En fait, j’ose dire que nous avons encore moins de temps pour nous depuis notre arrivée à Skoura, et moins de sommeil aussi, que lorsque nous parcourrions 80km en vélo dans la journée ! Je n’ai pas écrit dans mon journal de bord depuis 3 jours, ce qui n’était jamais arrivé auparavant ! Comme toutes les bonnes choses, l’accueil marocain se savoure en petite quantité, et nous frisons en ce moment l’indigestion ; ce qui me fait penser dans un rare moment de tranquillité :

“C’est pas la peine,
J’ai la flemme,
De me lever,
D’aller manger,

C’est trop dur,
Je suis pas sur,
De résister,
Encore une journée !”

Ne vous méprenez pas : l’accueil est incroyable, comme en témoigne la note de 85/100 donnée. Et nous reviendrons surement. Mais il faut savoir en profiter avec parcimonie et quelquefois dire non, car qui voyage loin ménage sa monture, et son estomac ! Sur ce, je vous laisse, on nous attend pour déjeuner !