De nîmes à Bayonne…
Bonjour très chères lectrices et très chers lecteurs,
Nous vous avions lâchement abandonné il y a une dizaine de jours à Nîmes, après une douche mémorable. Il va sans dire, nous avons depuis parcouru un bon bout de chemin supplémentaire. Pour les plus malins, vous l’aurez compris, nous sommes aux portes de l’Espagne. Nous prenons aujourd’hui un jour de repos bien mérité à Bayonne. Mais si vous le voulez bien, revenons il y a de cela 10 jours en arrière.
Nous quittons donc Nîmes après avoir mis à jour notre blog. La météo s’annonce un fois de plus mauvaise donc nous décidons de rouler vite malgré le vent assez fort qui gène notre progression. Nous arriverons chez Ben & Anne juste avant la pluie, et cette étape reste à ce jour la plus rapide de notre périple avec une moyenne de près de 25km/h… Le soir, Seb & Aude nous rejoignent de Marseille ainsi que ma soeur Anaïs et d’autres connaissances Montpellieraines. Nous passons une excellente soirée, bien entourés.
Le lendemain, nous nous faisons conduire par Ben pour faire quelques courses dans Montpellier pour résoudre quelques problèmes de matériel culinaire ; on vous en parlera sûrement plus en détails dans un billet à venir. Puis vient l’heure - tardive - du départ. Ben décide de nous accompagner “quelques kilomètres” pour “nous mettre sur la route”. En fait, il fera une bonne trentaine de bornes avec nous, à une vitesse élevée difficile à suivre pour nous, même bien abrités du vent derrière lui !
Nous atteignons Mèze et nous installons dans un camping pour la nuit. Le lendemain, le temps est exécrable et nous (moi et Laurent) avons un mal fou à nous décider à partir. Après avoir longuement hésité à prendre un jour de repos, nous finissons par partir. Louis veut à tout prix “avancer”, et finalement nous faisons une longue étape, d’environ 80 bornes, alors même qu’il pleut la moitié du temps. Le soir nous sommes à la sortie de Narbonne et nous campons à l’abri d’une forêt de pinèdes.
Le lendemain, le ciel est plus clément ; mais en même temps, le vent à tourné et il souffle maintenant Nord-Ouest. Soit en direction contraire. Deux options s’offrent à nous pour rejoindre Oust (chez mon oncle, en Ariège près de Saint-Girons). Soit nous prenons au Nord par Carcassonne une route plate et rapide (mais de peu d’intérêt), soit nous nous traversons d’abord les Corbières, passons par Quillan en plein pays Cathare, puis arrivons de Tarascon sur Ariège par le col de Port. Cette route est plus ambitieuse, mais bien plus agréable. Nous choisissons la seconde option.
Un autre billet illustrera les nombreux obstacles que nous avons du franchir sur cette Route Des Cols. Ce que je peux déjà vous dire, c’est qu’ils furent nombreux, plus ou moins durs, plus ou moins attendus, mais que dans tous les cas nous ne nous sommes jamais arrêtés de prendre en note toutes les informations comme en atteste cette photo de “vie sous la tente” :
Cette route plus calme est aussi l’occasion de faire quelques rencontres, que ce soit à la fontaine du village en train de faire la vaisselle de la veille au soir, ou bien dans une ascension en se faisant rattraper par une cycliste aguerrie (rattrapés, oui, mais Louis et moi avons réussi à la suivre ; et elle roulait à 16.5 dans la montée !)
A la fin de la traversée des Corbières, nous passons de l’Aude en Ariège et débouchons à Tarascon Sur Ariège et son magnifique beffroi (Moi je sais pas comment ça s’appelle, mais Louis notre spécialiste a dit qu’un clocher sans église c’était un beffroi, donc…) :
Au passage, j’ajouterai que nous avons eu quelques faux espoirs, comme ci-dessous, mais qu’un examen approfondi de la carte a bien vite dissipés.
Enfin, nous arrivons chez mon oncle Stan où nous sommes une fois de plus très bien accueillis. Nous manquons de peu de ne pas finir le repas qu’il nous avait réservé. Une fois de plus, le départ est difficile mais nous devons continuer notre route.
Le lendemain, nous prévoyons de rejoindre directement Bagen à côté Saint-Gaudens chez de la famille de Louis. Cela constitue une étape déjà assez longue, et qui plus est, pas du tout plate. Mais trop inquiets d’arriver tard chez un hôte que nous ne connaissons pas, ou bien trop envoutés par le cadre magnifique des Pyrénées, nous ratons un embranchement clé et entamons la longue et inutile (bien que magnifique) remontée d’une vallé qui ne mène nulle part… Après presque 10km, nous nous apercevons de notre erreur et faisons demi tour. Mais ce détour nous coutera cher dans le col suivant. Nous arrivons finalement après une étape de presque 95km, nouveau record. Nous sommes logés dans une grande “demeure familiale”, ce qui en pratique veut dire que nous avions une dépendance entière à notre seule disposition !
La journée du lendemain est pour moi assez apocalyptique. Après avoir bien tenu le choc dans les cols (et souvent tracé Luis… :), le jour 13 est le jour du contrecoup. Les jambes sont lourdes, très lourdes, le bord des Pyrénées que nous longeons avec une superbe vue sur le pic du Midi est superbe, mais loin d’être plat (même s’il ne s’agit plus de cols) et Louis a la superbe idée de décider que “ben c’est pas grave si c’est fermé, on va pas attendre, on aura qu’à manger à Bagnères de Bigorre” (qui est 50km plus loin !). Je traine mon hypoglycémie et mon vélo jusqu’à venir mourir le soir dans un petit camping fermé à Pouzac, et à rester couché dans mon sac de couchage toute la soirée. Rétrospectivement, je pense que le rhume des foins que j’ai eu le même jour n’y est pas pour rien…
Au passage, nous avons pu visiter des petits villages très charmants sur la route des Chemins de Compostelle, comme ci dessous à Saint-Bertrand De Comminges.
Le jour 14 est le jour du premier “grand pèlerinage”, pour certains, ou bien du tourisme religieux. Nous passons en effet une partie de la journée à Lourdes. Après une arrivée dans le calme et la bonne humeur, nous décidons courageusement de nous diriger vers les lieux indiqués comme “La grotte” et “Le sanctuaire”. A mesure que nous avançons, la densité de gens et le volume sonore associé augmentent jusqu’à rapidement atteindre vers l’entrée du grand parc dans lequel se situe la susdite grotte des niveaux qui nous font poser pied à terre, nous accrocher pour ne pas être emportés par le flot en sens opposé, et boucher nos oreilles qui prennent aussi cher que lors d’un concert de Rock. Les jeunesses catholiques parisiennes défilent, et les cris fusent :
“C’est à Suresnes, qu’on chante, qu’on chante…”
“Les pieds dans l’eau ! …”
Tout cela est bien loin du calme que l’on imagine nécessaire au croyant pour prier ou se recueillir. A part cela, il est incontestable que l’architecture est de toute beauté… même si cela fait un peu penser à Disneyland à mon gout.
Enfin, je ne m’attarderai pas longtemps sur le jour 15. C’est plat, c’est tout droit, c’est un peu rébarbatif, et en plus c’est long. Nous avions prévu de rejoindre Bayonne en 2 étapes, mais poussés par le vent dans la matinée, nous nous sommes auto-défiés “Et si on y allait ce soir ?” Aussitôt dit, aussitôt fait ! Mais le vent a tourné peu de temps après, et inutile de vous expliquer combien nous avons souffert… Une photo résume tout :
118km ! Et l’oncle de Louis habite encore à l’autre bout de la ville !















April 28th, 2008 at 6:33 pm
Ca a l’air pas mal chez Sabine. Et bravo pour l’étape de 118 km.
April 28th, 2008 at 6:50 pm
118 pour arriver à Bayonne, 130 pour arriver chez Pierre Yves !
April 28th, 2008 at 7:58 pm
Ambiance Lourdes : l’horreur !!!! Il faudrait presque des bouchons anti bruit !!!
Bravo pour les 130 km.
April 28th, 2008 at 11:09 pm
joli beffroi!
j’espère que vous avez pu prier tranquillement à Lourdes
Allez amusez-vous bien en Espagne et faite nous une petite étape de 150km:)
April 29th, 2008 at 12:06 am
Ce qui serait sport, c’est de faire une étape de 300 km et d’enchaîner avec 1 semaine d’escalade/vacances pour rester dans les temps.
April 29th, 2008 at 7:24 pm
chapeau les gars!! en tout cas le parcours a l’air bien sympa malgré la pluie de temps en temps et les étapes un peu difficiles. Et physiquement comment ca se passe?