Le jour le plus long

Vendredi 27 juin, 6h du matin. Nous ouvrons un œil hagard. Malgré l’heure matinale, la lueur de l’aube nous englobe déjà depuis un certain temps. Dans quelques minutes, le soleil se lèvera, là bas derrière la montagne. Difficilement, et les paupières encore lourdes de sommeil en retard, nous nous levons. Pain et Nutella (ou une pâte qui est au Nutella ce que le Cola est au Coca…), voilà une recette facile pour bien démarrer la journée. Le temps de plier nos duvets, et la bâche (nous ne montons plus la tente au Maroc, il fait trop chaud…), et nous sommes presque prêts à partir. Une nuit de plus dans le désert, et toujours pas d’attaque de scorpions ; tout va bien. Enfin Laurent et Louis sont encore malades, mais bon…

Situation : nous sommes 6km après Talouine, dans les contreforts Ouest de l’Anti-Atlas. Devant nous une plaine désertique. Puis une longue vallée. Au bout, loin, l’océan, Agadir. Le repos. Nous enfourchons les vélos ; il est 7h30.

Une plaine désertique (pas la même)

Nous avions imaginé pouvoir finir en beauté, par une étape fleuve. Mais les difficultés rencontrées les 2 derniers jours, la fatigue, la chaleur, et la diarrhée aigüe de Louis nous avaient mis le doute dans la tête. Pourtant, l’espoir renaît lorsque le début de l’étape se présente comme plat franchement descendant. En 1h, nous avons parcouru 32km. De plus, en nous arrêtant remplir nos bouteilles d’eau, et à l’entame d’une longue ligne droite de 40km marquant l’entrée de la plaine, nous nous rendons compte que le vent souffle assez fort dans notre dos. Un vent d’Est qui nous pousse à des allures surprenantes : 30, 35km/h…

Nous roulons sans arrêt pendant toute la matinée ; la plaine est vite derrière nous et la vallée bien entamée à 11h30 lorsque assoiffés nous nous arrêtons dans une station service pour acheter 2L de Coca. En effet, le vent d’Est / Sud Est qui nous pousse est un vent qui vient du désert. Au rayonnement du soleil (environ 40°) s’ajoutent donc des bouffées d’air chaud qui nous donnent à chaque rafale l’impression de passer la tête devant le four lorsque la pizza est prête ! Nous buvons constamment, quasiment 1L toutes les 30min au plus fort de la chaleur. Et pourtant ça descend… Nous en sommes à 100km.

Dans notre concentration nous avons un peu oublié de gérer le repas de midi. Je propose d’acheter de suite du pain et du thon dans une épicerie (il est déjà 11h30) mais Laurent et Louis préfèrent trouver un restaurant sur la route afin de pouvoir y rester ensuite au frais jusqu’à la fin de l’après-midi. Pourquoi pas ? Mais l’offre manque sur la route, et nous ne trouvons rien de satisfaisant avant midi et quelques, heure où la chaleur est déjà insupportable avec le vent “sèche-cheveux”. Par chance, le restaurant que Laurent trouve et qui fait aussi “Bed & Breakfast” a une piscine, ce qui nous permettra de survivre sans brûler jusqu’à 17h30. En plus la cuisine, bien qu’assez chère, était bonne. Nous en sommes à 115km.

La piscine

Nous repartons donc, avec pour objectif d’aller au bout. Mais si jusqu’alors, nous avions une moyenne horaire vent dans le dos de plus de 29km/h, les conditions ont changé. La fin de journée venant, le vent a changé de direction et souffle maintenant contre nous, sans pour autant avoir perdu en température. Nous progressons maintenant à 20km/h, en prenant des relais et en forçant. C’est dur, très dur. Nous tenons comme ça 1h, 1h30… Enfin, la température baisse avec le soleil, et le vent, qui perd de sa force, devient frais ! Nous redoublons d’efforts en entrons dans la périphérie d’Agadir vers 21h.

Nous suivons les grands boulevards, nous perdons un peu, puis après questionnements successifs et indications faiblement convergentes arrivons à l’hôtel que nous avions repéré sur le guide du Routard un peu avant 22h. Cette fois la nuit est tombée, mais la ville est très bien éclairée. Le temps de prendre des douches, nous ressortons et allons au MacDonald que nous avions repéré sur la route. Nous mangeons chacun 2 menus maxi best of, sauf Laurent qui avait mal au ventre…

“Bonjour je voudrais 2 menus Maxi Best-of s’il vous plait”

Nous nous couchons tard, bien morts, mais heureux d’être à Agadir et de cette grande étape finale : 177km, 6h42, 26.38km/h de moyenne. J’arrête le vélo…

Echange vélo Lapierre fait main, jaune, 10 000km, contre tout véhicule motorisé…

16 Responses to “Le jour le plus long”

  1. Martine et Gilles Says:

    Bravo à tous trois, nous sommes fiers de vous et vous pouvez l’être !
    4720 km, cela doit être l’équivalent du tour de France ! Mais les conditions de votre périple sont bien moins confortables !
    Le repos est bien mérité !!!
    Nous avons hâte de vous revoir !

  2. Max Says:

    Trop bien la tête de nico.

  3. virgile Says:

    Bravo!!! La fin du projet. Content de vous avoir suivi tout au long du périple. Maintenant vous avez bien mérité des jours de repos, de colmatage d’estomac pour louis pour retrouver un transit normal!!
    On sent effectivement sur le visage de nico les 4720Km de routes, chemins et pistes avalées.

    Pas grand chose d’autre à ajouter si ce n’est de l’admiration pour vous 3!! Chapeau les gars et à bientôt pour une soirée photos à votre retour!! :-)

  4. louis (l'autre) Says:

    C’est deja fini… mon feuilleton préféré !
    J’ai l’impression que c’etait hier qu’on vous laissait sur la route de Grenoble.
    Chapeau pour le grand final et pour tout ce qui le précède depuis des mois.
    A +

  5. Benoît Says:

    Salut les gars !
    Bravo pour l’exploit sportif !
    Profitez d’Agadir, vous l’avez bien mérité !
    Il y a le Festival Timitar qui commence bientôt, ça devrait être chouette…
    A +
    Benoît

  6. Adeline Says:

    C’est les vacances pour tout le monde on dirait ! Bravo pour le timing : vous arrivez pile quand la saison de Fort Boyard recommence : vous avez juste le temps de prendre l’avion pour y participer après votre entraînement intensif de 3 mois. Sinon, il y a aussi Koh Lanta, mais je crois que vous avez déjà plus ou moins joué, surtout Louis et Laurent, à moins que leurs expériences culinaires n’eussent pour but d’intégrer le casting de “C’est du propre ! ” ?

    Que l’humour cathodique ne vous trompe pas, ce que vous avez fait pendant ce périple me semble toujours un peu irréel, comme le serait une aventure inédite des “Trois Mousquetaires” en version modernisée (pardon à Alexandre Dumas), au moins pour les chevaux à deux roues. Quand on sait que la suite s’intitule “Vingt ans après” que de perspectives pour vous… Comme les inombrables lecteurs de ce blog, j’attends avec impatience la sortie de votre livre sur ce périple, où j’espère retrouver entre autres, le recueil de poèmes de Nico (qui doit en être à peu près à 90 pages s’il a écrit rigoureusement presque chaque jour, comme tout bon voyageur, profitant des pauses que lui imposèrent Louis et Laurent) ainsi que les grafitis sur les murs des nombreux lieux d’aisance (qu’ils ont bien-sûr consciencieusement relevé et consigné lors de leurs fréquentes haltes).

    Bon repos (des guerriers) bien mérité et profitez bien de vos vacances (enfin !).

    PS: Il me semblait que j’avais oublié quelque chose dans les jeux télé de l’été : l’Île de la Tentation, mais je ne vois pas trop ce que vous pourriez y faire … Je crains que le concept d’une balade en vélo soit un peu juste pour l’épreuve du “rendez-vous romantique”surtout avec les arrêts petit coin… ;-)
    Continuez à donner un peu des nouvelles…

  7. Laurent Says:

    D’ailleurs, en parlant de repos des guerriers, Nico n’a pas fait mention dans son billet, que lors de la pause de la piscine, il a failli goûter à ce plaisir alors même qu’il n’était pas encore arrivé à bon port. S’il fallait que je résume l’histoire, il a éconduit la “charmante demoiselle”.

  8. Nico Says:

    J’ai éconduit galament la demoiselle qui a fait semblant de se noyer dans le mètre cinquante d’eau de la piscine, et donc saisi mon pied alors que je dormais sur le rebord pour m’entrainer dans l’eau. Mais non, 3 mois d’entrainement cycliste avaient fortifiés assez mes jambes pour que je résiste, malgré la force de traction importante (car proportionnelle à la masse) exercée…

    Laurent quant à lui s’est montré très intéressé ce matin par le genre de rencontres que l’on peut faire en sortant en discothèque à Agadir, ayant eu vent du résultat auparavant…

  9. louis (l'autre) Says:

    Et Louis dans tous ça ?

  10. Adeline Says:

    Quelle coïncidence ! Par le plus grand des hasards, il se trouve que je suis tombée sur un programme intitulé “Où est l’amour dans la palmeraie ?” filmé à Skoura, une oasis du Sud marocain… Je vous résume le pitch qu’on dirait écrit pour vous à quelques détails près : “le réalisateur (belge, immigré dans la région) interroge les habitants : quelle place l’amour tient-il dans leur vie ? Cette comédie documentaire de voisinage est illuminée par la beauté des peysages et la chaleur des échanges. ” S’ensuit un portrait de Mansour, un “original” célibataire de 40 ans, qui chante en boucle “I’m a poor lonesome cow-boy” en marchant aux côtés de son âne dans le soleil couchant. Je vous laisse le soin de faire les rapprochements qui vous semblent pertinents.

    Une dernière chose, Laurent, je te rappelle que la devise des Trois Mousquetaires : “un pour tous et tous pour un !” (Normalement ils lèvent leurs épées au ciel et joignent leurs lames en le disant, mais je suppose qu’on peut fort bien adapter ce geste au contexte en remplaçant les épées par des verres et en trinquant). Souviens-t’en au sortir des discothèques…
    Et bravo Nico pour ta musculature impressionnante qui te permit de résister à cette tentatrice de poids… Mais tu l’as cherché : aurais-tu résisté aussi vaillamment à une jeune naïade disons plus séduisante ?

    Et que fait Louis ? J’ai bien une petite idée, si l’on en croit l’adage publicitaire “c’est celui qui en parle le moins qui en mange le plus”. Bravo Louis !

  11. Vince Says:

    Bravo a vous trois !!! Profitez bien du Maroc et de ses charmes jaja ;)

  12. Paulo Says:

    ILS L’ONT FAIT ! BRAVO, on est trop conten pour vous et pour les 54 qui pourront éviter d’arrêter leurs études en fin de primaire…
    Chapeau bas aussi pour les 177 km avec scirocco dans le dos, quand on connait les problèmes de surchauffe du cycliste avec vent chaud dans le dos….
    Hâte d’entendre ces récits e vive voix et bises aux 3

  13. Cecile Says:

    Coucou les mecs ! respect pour la derniere etape ! Vous etes des warriors. Je suis sure que meme Chuck Norris vous envie pour cette epreuve de force et de courage!
    Si jamais vous voulez tester le club med d’Agadir (sa piscine, le spa, hammam et autres) dites a l’entree que vous etes des stagiaires du Consulat francais =) Si ca marche toujours c’est tout a fait agreable. Sinon le yacout est un tres bon endroit pour se restaurer et diner a la fraiche ou presque…
    Bises a tous les 3 et a tres bientot en France !

  14. Max Says:

    J’espère que vous êtes en train d’écrire un livre illustré sur le voyage.

  15. Coco314 Says:

    Un immense BRAVO à vous trois.
    J’avoue que je consultais régulièrement le site sans jamais poster en me disant, “la prochaine fois, ils sont pas encore arrivés, j’ai le temps…” et hop, les voilà déjà à bon port!

    Un grand bravo pour l’exploit sportif donc, et aussi vraiment pour la démarche humanitaire.
    J’ai bien pensé à vous il y quelques semaines de cela lorsqu’il y avait dans le RER de grandes affiches 4 par 3 dans le RER qui disaient “à AGADIR, le soleil n’est jamais en vacances, vous oui” (je dois avoir la photo qq part sur mon portable, ça avait l’air sympa Agadir :). Par contre, je confirme que vous n’avez pas du prendre le chemin le plus court, car l’affiche disait “à 3h30 de Paris” :-)

  16. Seb Says:

    Bravo a tout les 3 pour avoir mené a bien le périple!!!!!!!!!!!! et un maxi bravo pour la maxi dernière étape!!

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