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L’accueil Marocain à l’essai : 85/100 !

Monday, June 23rd, 2008

Arrivés depuis une semaine à Skoura, nous avons eu l’opportunité de tester l’accueil marocain. Mais attention, le vrai accueil ; pas celui du touriste américain fortuné promenant sa bedaine et le décolleté indécent de sa femme de Riad en Riad. Ni celui du cyclo-sportif qui après une longue journée de pédalage, encore plein de sueur ou au mieux s’étant baigné dans la rivière, cherche un endroit discret pour ne même pas planter sa tente, et s’écrouler sur le sol jusqu’au lendemain, au plus grand étonnement des quelques enfants bergers du coin. Non, rien de cela ; cette fois, nous avons testé l’accueil du voyageur. Solidaire, qui plus est ; mais si cela aide à pousser la première porte, tout l’enchainement qui s’ensuit ne le requiert pas forcément…

Nous avons testé cet accueil, donc, et nous sommes maintenant en mesure de lui attribuer une note : 85/100 ! Une mention TB donc. 85% comme la proportion des repas pour lesquels nous avons été invités depuis notre arrivée ici. 11 invitations gratuites, pour 2 repas au restaurant ; et même là, nous payons mais ne mangeons pas seuls.

Trois de nos nombreux bienfaiteurs

Tout a commencé lorsque nous sommes arrivés et nous sommes dirigés vers Chez Talout, un peu au hasard, car il est le relais local principal de l’association Azekka. Il nous a invités 2 jours en pension complète dans son auberge, qui est plutôt assez haut standard pour le pays (200dH - soit 20€ - par personne et par nuit normalement). Ensuite l’association partenaire locale d’Azekka nous a prêté un local (qui est en fait un appartement) pour le reste de notre séjour ici. Tous les partenaires locaux ont tenu à nous inviter tour à tour : les 2 présidents d’association (plusieurs fois), un prof de français du collège, un autre prof du collège, d’autres membres de l’association, d’autres gens que nous rencontrons au hasard…

A chaque fois le menu est de fête : cela commence par un traditionnel thé, préparé avec le plus grand soin (cf billet de Louis), et souvent accompagné de pâtisseries. Ensuite, un plat géant de crudités bien ordonnancées (par exemple : pomme de terre froide + betterave + carotte râpées + riz + olives) dans lequel tout le monde se sert en même temps. Puis un Tajine non moins immense (Grand plat de terre  cuite couvert d’un couvercle pointu qui le fait ressembler à une pyramide et dans lequel les aliments sont cuits à la vapeur) contenant moult légumes aux saveurs embaumantes (et pourtant c’est des légumes) recouvrant de la viande bouillie, et le tout parfaitement assaisonné de cumin et multiples autres épices que nul que saurait reconnaitre.

 

Le traditionnel plat Tajine

Pas de couverts pour ce plat, seulement de grandes galettes de pain à peine plus levées qu’une pizza McCain que l’on découpe à la main et dont chacun se sert pour piocher des bouchées dans le plat principal. Inutile de préciser que pour finir un tel plat, le non-initié doit donc s’enfiler une ou deux consistantes galettes, au bas mot. Surtout que l’hôte, qui préconise pourtant les vertus de manger lentement, se fait un devoir de ne laisser aucun de nous sans nourriture dans la main (ou sans pain) pendant plus d’une demi seconde à coup de grands “Bismilah, bismilah…” (littéralement “Au nom de dieu”, utilisé pour dire “Je vous en prie, faites moi honneur, resservez-vous, mangez !”), même si nous avons la bouche encore plus que pleine. Après s’etre lavé les mains (car globalement, on a quand meme mangé avec les mains…), le repas finit par un plateau intégralement rempli de pastèque et de melon d’eau, pour faire passer le tout. Là aussi la quantité ne fait pas obstacle à la qualité. Même Maxime atteindrait ses limites en moins d’une semaine, je pense.

 

On se lave les mains avant et après manger…

Aujourd’hui même nous devront faire un choix parmi 4 invitations. Une pour le déjeuner, une pour le diner, une pour le thé vers 5h, et une autre encore que nous devrons surement décliner. Avec notre départ annoncé demain à l’aube, les sollicitations se font de plus en plus dense et nul doute que toutes ne pourront être honorées.

C’en est tellement, et les repas sont si copieux à chaque fois, que ça en devient éprouvant pour le corps et l’esprit. En fait, j’ose dire que nous avons encore moins de temps pour nous depuis notre arrivée à Skoura, et moins de sommeil aussi, que lorsque nous parcourrions 80km en vélo dans la journée ! Je n’ai pas écrit dans mon journal de bord depuis 3 jours, ce qui n’était jamais arrivé auparavant ! Comme toutes les bonnes choses, l’accueil marocain se savoure en petite quantité, et nous frisons en ce moment l’indigestion ; ce qui me fait penser dans un rare moment de tranquillité :

“C’est pas la peine,
J’ai la flemme,
De me lever,
D’aller manger,

C’est trop dur,
Je suis pas sur,
De résister,
Encore une journée !”

Ne vous méprenez pas : l’accueil est incroyable, comme en témoigne la note de 85/100 donnée. Et nous reviendrons surement. Mais il faut savoir en profiter avec parcimonie et quelquefois dire non, car qui voyage loin ménage sa monture, et son estomac ! Sur ce, je vous laisse, on nous attend pour déjeuner !

Préparation du thé

Monday, June 23rd, 2008

Facile !

  • Mettre de l’eau à bouillir
  • Juste avant ébullition, verser le thé et baisser le feu
  • Laisser infuser quelques minutes
  • Servir (chacun ajoute du sucre selon son gout)



Ça, c’était l’image mentale que vous avez eu en lisant le titre du billet, à peu de choses près. Maintenant, voilà ce que ça donne pour un marocain, toujours à peu de choses près :

  • Mettre de l’eau à bouillir,
  • Pendant que l’eau chauffe, verser du thé dans la théière (environ 2 poignées pour 1L),
  • Une fois que l’eau bout (ou frémit), en verser l’équivalent d’un verre dans la théière,
  • Remettre l’eau sur un feu doux,
  • Attendre 2 ou 3 minutes,
  • Verser le contenu de la théière dans un verre,
  • Verser de nouveau l’équivalent d’un verre de l’eau chaude dans la théière,
  • Secouer la théière en lui donnant un mouvement circulaire,
  • Verser son contenu dans un autre verre, puis jeter son contenu [1],
  • Réitérer les deux dernières étapes une ou deux fois,
  • Reverser le contenu du premier verre dans la théière,
  • Remplir la théière de l’eau chaude,
  • Mettre le nombre adéquat de morceaux de sucre dans la théière [2],
  • Mettre la théière sur le feu doux, de sorte que le thé bouille (oui, bouille, j’ai vérifié) très doucement,
  • Retirer la théière du feu après quelques minutes,
  • Ajouter de la menthe fraiche dans la théière pour un thé à la menthe,
  • Verser un verre de thé en montant haut la théière pour que le liquide bouillonne en remplissant le verre,
  • Reverser son contenu dans la théière,
  • Réitérer ces deux étapes deux fois, [3]
  • Verser un peu de thé dans un verre, et gouter,
  • S’il manque du sucre, en ajouter, et recommencer le processus des 4 dernières étapes,
  • Enfin, verser le thé dans les verres, toujours selon la même technique.



Facile ?


J’apprends à servir le thé (6 dernières étapes).

Pause thé pendant la réparation des vélos.



[1] Ces deux étapes servent à gonfler et laver le thé. Il s’agit d’éliminer une partie de la théine, et des impuretés.

[2] Ces deux étapes sont interchangeables

[3] Ceci sert à bien mélanger le thé, à réprtir le sucre, mais aussi à l’aérer. Pour certaines personnes, ces deux étapes doivent se réitérer jusqu’à ce que l’on observe un joli turban blanc de mousse en versant le thé.

Archétypes de conversation

Monday, June 9th, 2008

Ce voyage est une occasion pour nous d’interagir avec d’autres personnes et d’autres cultures. Après le petit bout de chemin que nous avons parcouru, voici une petite collection de conversations qui nous ont marqués.

Le nord de l’Espagne enchaîné

Au nord de l’Espagne, Louis nous abandonnait. Nous étions obligés de nous débrouiller par nous même, et lorsque Nico n’était pas à mes côtés, j’étais bien forcé d’user de mon espagnol, approximatif et très inspiré de l’italien. Lorsque je demandais “Como vamos a Irun con l’autobus ?”, on me répondait d’une longue tirade en espagnol “muy rapido”, intercalé de mes “No entiendo” placés dans un flot de palabres supersoniques. Nous avons appelé ce phénomène “se faire enchaîner”.

Le Portugal dual

Tout le monde nous avait dit qu’au Portugal, les gens parlaient français. Erreur -et on nous avait dit qu’après la France, il faisait beau. Par contre, à notre grande surprise, nous avons rencontré beaucoup de personnes parlant très bien anglais. “Boa tarde”, commençé-je. “How can I help you sir?”, et dans un anglais parfait (côté portugais), la conversation filait.

Cependant, nous avons rencontré quelques portugais francophones. Nous nous étions abrités sous un abri de taxi pendant une averse. Deux personnes s’avancent vers nous, et nous expliquent qu’il serait judicieux de monter un pare brise sur le vélo. L’un d’eux nous fera la conversation en français (bien qu’il eut vécu en Suisse). Ce petit bonhomme très fier s’exprimait dans un français assez idiomatique : “J’étais dans un trou paumé, et la bagnole s’est mise à faire des siennes, p*ta*n, heureusement, il y avait un mec au bord de la route qui a pu me sortir de la mouise…”. Et je souriais, malgré la pluie, malgré la crevaison.

Le sud de l’Espagne, encore plus fort !

Nous étions revenus en Espagne, et j’avais troqué mon peu d’espagnol contre encore moins de portugais. Mais puisque je suis courageux, j’adressais parfois la parole aux gens (même si j’avais peur). Nico et Louis étaient à la bibliothèque (pour s’instruire) pendant que je gardais les vélos. Deux teenagers m’adressent la parole. Après des présentations sommaires, ils essaient d’en savoir plus sur moi : “Estas cansado ?” (es-tu fatigué), ce à quoi je réponds “No entiendo” (je ne comprends pas). Ils essaient alors de me réexpliquer : “Estas cansado ?”, “No entiendo”, “Estas cansado ?”, “No entiendo”. Conversation de sourd ? Oui, du moins ils devaient penser que je l’étais, parce qu’à chaque “No entiendo”, ils essayaient de me faire comprendre “Estas cansado” en le répétant plus fort. À la fin, le suspens avait gagné tout le quartier, ils se demandaient tous si j’étais vraiment fatigué.

Le Maroc en coeur

Nous sommes arrivés depuis une seule semaine au Maroc, et nous sommes déjà très impressionnés ! Je faisais le tour des magasins de Fès dans l’espoir de trouver un jeu de plateau de qualité (ni en plastique, ni en fonte), et aux alentours de midi, j’arrive dans un n-ième magasin. “Salam Alekoum”, lancé-je. “Alekoum salam. Viens, mange !”. Et voilà que je partageais le repas des mécanos ! Ceci est un exemple parmi tant d’autres. Nico vous avait parlé de notre rencontre avec Abdellah et Abdelwahid.

La gestuelle italienne

Sur notre chemin, nous avons rencontré d’autres gens, d’autres personnes. À Lisbonne, nous avons rencontré un italien de Venise, je suis persuadé qu’il a été un jour comédien, j’ai reconnu en lui un Arlequin. Bien que je pouvais communiquer avec lui en italien (malgré son accent très prononcé), c’est le langage des mains qui a prévalu. Lorsqu’on lui disait que l’on campait sauvagement, il nous montrait tour à tour du doigt avant de faire un signe de rassemblement, puis il se désignait, et lentement, il montait le pouce au cou, et d’un geste vif “couic” : à trois, nous ne craignions rien, tout seul, il était dangereux de dormir n’importe où !

Le français fork périple

Nous sommes partis il y a presque deux mois et avons développé un vocabulaire spécialisé pour notre vie de tous les jours. Notre vocabulaire s’est parfois enrichi, par exemple Louis remarquait qu’il employait de nombreuses expressions pour “j’ai déposé beaucoup d’excréments”, telles que “j’ai cassé le chiotte en deux”, j’ai défoncé le chiotte”, “j’ai casseboîte le chiotte”, ‘j’ai pourri le chiotte”, j’ai tout défoncé”, et bien d’autres encore, le champ lexical restant fécal.

Notre vocabulaire s’est parfois transformé, et par abus de langage, ou jeux de mots, nous employons de nouvelles expressions, par exemple “t’as perdu plein de points” lorsqu’il s’agit de dire “ceci n’est pas dans l’esprit du périple”.

Pour finir, je vous laisse deviner le sens de “T’as pas une feinte ?”.

Midnight inspiration

Monday, June 9th, 2008

We’re at a carpet seller first floor,
He led us up, and closed the door,
After friendy persuation,
I bought a bit out of reason.

We are sitted having diner,
Louis says food makes him sicker,
He can’t even finish his dish,
“Give me the rice, and take the fish !”

We are riding through the city,
Laurent stops very suddenly,
He spotted a shop selling beer,
Loosing training is his worst fear.

And while you are reading those lines,
Barely aware, checking the rhymes,
We’re going on at a good pace,
This was the chapter about Fès.