Nous vous avions quittés à Bayonne, dans la piscine et sous la pluie… Mais des informations ont filtré depuis et vous savez qu´après une journée pourrie, la blessure de Louis nous obligeait à deux jours de repos forcé au camping de Fuenterrabia, juste de l´autre coté de la frontière. Quand Pierre-Yves venait récupérer Louis en X5, nous nous retrouvions alors seuls Laurent et moi, pour affronter l´Espagne sans notre maitre linguistique. Départ le 2 mai, donc, avec pour objectif de “longer la côte” pour se rapprocher le plus possible de Bilbao. La carte ne nous laisse pas d’autres alternatives que d’emprunter la N1, et bien vite l’exaltations succitée par les paysages entrevus la veille laisse place à la dure réalité : l’Espagne, c’est un réseau de nationales ressemblant en tout point à des autoroutes, mais à double sens. Pas très vélo friendly. Et s’il n’est pas rare de se retrouver d’un seul coup face à un tunnel ou un pont interdit au vélo… quand ce n’est pas sur l’autouroute proprement dite.

Nous atteignons malgré tout San Sebastián où nous déjeunons sur la superbe et touristique place à coté de la plage. Le quartier semble bien huppé…

Après encore quelaues bretelles autoroutières pour sortir de l’aglomération, la route devient plus agréable et nous nous arretons finalement camper à Deba. Le lendemain, nous tentons d’éviter ces nationales rouges en empruntant une route jaune sur la carte : échec. Surtouut que celle-ci monte (puerto de Trabakua 440m), droite et raide avec même un tunnel digne de celui sous l´Epine peu avant le col. Heureusement, un peu plus loin nous nous aventurons sur une petite route blanche qui se révèle magnifique et bien plus adaptée aux vélos. Même si après 15km, celle ci nous ramène de nouveau sur l’A625, une bonne autourte. Nous avons du mal à trouver un endroit où camper dans cette vallée, et finalement je finis par aller demander direcement chez l’habitant si nous pouvons monter notre tente dans le jardin. Nous seront très bien accueillis avec même des douches offertes. Cette journée est aussi celle des premières rencontres cyclistes, et notamment José, avec qui nous discutons juste avant de nous arrêter. C’est un cyclo pur et dur : il connaît toutes les routes ques nous avons empruntées, tous les cols, a fait le Paris-Brest plusieurs fois… Nous échangeons sur notre projet. José reviendra même nous voir en voiture après être rentré chez lui à vélo, pour continuer cette intéressante discussion et nous offrit le livre “El camino de Santiago en Bici”.

Le dimanche 4 mai est marqué par deux faits principaux : d’abord l’ascension du premier grand col espagnol, le puerto Orduña, avec 9km à 7.5% et des passages à 14%. Au cours de l’ascension, nous croisons et discutons encore avec plusieurs cyclos.

Le second qui va de paire, est l’arrvée sur le plateau central Espagnol que nous ne quitterons pas avant 5 jours, et que nous avons désormais surnommé le désert espagnol. La première partie du désert que nous parcourons pour notre 23ème jour n’est pas plate du tout. Une ascension nous mène au sommet d’un python rocheux sur lequel est construit un vieux château dominant toute la région.

Plus haut encore, nous débarquons sur un autre plateau, complètement désert d’habitations ou de végétation, et sur lequel nous ne rencontrerons pendant 50km que… des éoliennes. Mais par centaines.

Les deux jours suivants, nous sommes de nouveau sur la partie inférieure du plateau (850m tout de même), et le paysage totalement plat est exclusivement composé de champs de céréales. Nous empruntons la N201 dont les lignes droites de 10km se succèdent les unes aux autres.

Au passage nous rejoignons le chemin des pélerins qui part du Puy en Velais / St Jean Pied de Port. Jusqu’à Léon et même plus loin, la N201 longe le “Camino de Santago”. On trouve déjà ces 2 jours bien plus longs en vélo, quelle volonté pour parcourrir tout cela à pied !

200km plus loin, nous nous nous apprêtons enfin à sortir de ce désert, et à changer de route. Il ne nous reste plus que la montée vers la Cruz de Ferro á 1300m. Une formalité vite accomplie.

Le ciel fête ce changelement de région par une averse de grêle et nous filons nous rèfugier à Ponferrada dans une auberge Chrétienne ! Laurent est un peu hésitant sur la conduite à suivre (”les cloches sonnent; tu crois pas qu’il faut aller prier ??”) mais finalement l’auberge rassemble hétéroclitement toutes les personnes qui ont simplement décidé de se rendre à St Jacques (et se sont procurées un “Credential”) . Le soir, nous récupérons -enfin- Louis, après une semaine, qui a fait les 15h du train dans la journée.
