Avant toute chose, comme vous avez pu le lire dans nos biographies respectives, nous sommes tous trois des accrocs du sport, et en particulier des sports dits de nature. Que ce soit le VTT, l'escalade, le ski, ou même le canyoning, nous sommes toujours partants pour l'aventure. Nous aimons le sport, et nous partageons en particulier une passion pour le vélo.
Pour aller plus loin dans l'aventure que les sorties journalières, l'été dernier, accompagnés de 2 autres copains, nous avons décidé de partir en vélo une semaine entière, en autonomie totale. Partant de Chambéry, nous avons rejoint Nice en passant par la route de la Bonette - la plus haute de France - puis longé la côte jusqu'à Saint-Raphaël. Nous avons réalisé ce “périple” en essayant de dépendre le moins possible de la civilisation. Nous avons voyagé léger, bivouaqué, et nous sommes seulement arrêtés dans les villes pour acheter des provisions.
Cette expérience de 400km et 7 jours nous a beaucoup plu et nous avons regretté de ne pas disposer de plus de temps, mais elle a eu le mérite de nous montrer que nous avions les capacités physiques suffisantes pour ce genre de projets. Au delà de la performance sportive, c'est aussi l'isolement de la civilisation moderne et le contact rapproché avec la nature qui nous ont laissé de bons souvenirs, et l'envie de récidiver avec cette fois un parcours plus proche encore de la nature et nous permettant de découvrir un monde que nous connaissons finalement peu.
Nous sommes tous trois en dernière année d'école d'ingénieur, et tous trois finissons nos études au début de l'année 2008. La logique voudrait que nous trouvions ensuite un emploi, le plus vite possible, et que nous allions nous noyer dans le tourbillon qu'a créé notre société moderne. Tout doit toujours aller si vite, plus vite…
Pourtant, cette période de transition entre fin des études et vie professionnelle constitue une occasion unique de s'accorder une pause, un temps de reflexion. Pourquoi se presser ? Nous préférons, pour 3 mois, descendre du train, ralentir, regarder autour de nous, prendre du recul, et découvrir une autre facette de notre monde.
Cette pause nous parait d'autant plus importante qu'en plus de nous aider à réfléchir sur notre société et notre monde, elle nous permettra une réflexion sur notre futur à nous, à un moment où les choix que nous ferons seront déterminants pour une longue période à venir. Afin d'obtenir le recul nécessaire par rapport à la routine de la société moderne, nous avons choisi la découverte du monde à vélo, et au plus proche de la Nature et de la population locale. Pour nous détacher de la société de consommation, forts de notre expérience de l'été passé, nous avons choisi de réaliser ce voyage en respectant quelques principes pratiques d'autonomie basés sur l'idée “Ne dépendre que de nous mêmes”, et présentés ci dessous.
Il s'agit pour nous de nous libérer du joug de la société moderne, pas de nous isoler totalement de tout contact humain, bien au contraire, et nous ne refuserons pas de nous faire héberger simplement le long de la route. Un coin où installer notre tente (ou s'allonger pour regarder les étoiles), une grange, ou un point d'eau feront notre bonheur. Quant à la nourriture, même en cuisinant nous n'aurons d'autre alternative que d'acheter le minimum aux commerçants que nous trouverons le long de notre route.
Outre le besoin de se détacher un temps du traintrain quotidien, une motivation forte pour ce voyage est le désir de découvrir de nouvelles contrées, de nouveaux paysages, de visiter, ainsi que de rencontrer des gens nouveaux, avec une culture et un mode de vie différents. Nous souhaitons nous imprégner vraiment des pays que nous allons traverser, et pas seulement en voir la partie émergée donnée en pâture aux touristes à longueur d'année. Dans cette optique, voyager en vélo est un très bon moyen puisque nous ne parcourrons pas bien plus qu'une soixantaine de kilomètres par jour.
Bien sûr, nous ne nous priverons pas non plus d'aller explorer les lieux fameux attirant plus particulièrement les touristes qui seront sur notre chemin, comme Nîmes, Saint-Sebastien, Saint-Jacques de Compostelle, Porto, Séville, Marrakech, et bien d'autres, mais nous pensons que nous les apprécierons d'autant plus que nous aurons vu des paysages tout autres auparavant. Il aurait été facile par exemple de voyager par train ou bus, et de ne s'arrêter que dans ces villes, mais le voyage aurait eu une saveur bien fade à notre goût, aussi magnifiques soient-elles.
Le choix de la destination, le Maroc, n'est pas innocent non plus par rapport à ce besoin de découverte et de rencontre. C'est un pays très différent des pays européens, que l'on peut qualifier d'exotique, et même si la côte - plus urbanisée - et les principales villes attirent énormément de vacanciers, il suffit de s'en éloigner à peine pour se retrouver dans un milieu rural très dépaysant. On y est alors directement en contact avec la population locale, très accueillante et hospitalière, et souvent au mode de vie si différent de celui que nous connaissons. C'est ce contact que nous souhaitons établir, et nous pensons que cela sera plus facile en voyageant par nos propres moyens au Maroc, et à vélo, ce qui pourra éveiller la curiosité.