Au fur et à mesure que notre projet prenait forme, nous nous sommes aperçus qu'il allait s'agir d'une entreprise assez conséquente, en temps, en distance, comme en organisation. Nous nous sommes dit qu'une telle entreprise ne devrait pas bénéficier qu'à nous-mêmes. C'est ce qui nous a donné l'idée de rajouter une dimension de solidarité à notre voyage. Puisque nous allions partir au contact du Maroc rural, dont certains habitants vivent souvent de très peu de moyens, nous avons réalisé que nous pourrions profiter de l'ampleur de notre projet pour nous faire sponsoriser et récolter des fonds pour par exemple aider au développement de la scolarisation sur place.
Nous avons été très inspirés par le projet PICALA des associations Azekka, Coeur des gazelles et Sourire Ailleurs. Dans le cadre de PICALA, des VTTs ont été fournis à des collégiennes marocaines à la rentrée 2007 dans les régions de Ouarzazate et de Skoura. Cela leur permet d'effectuer les trajets quotidiens en l'absence de transports, sans quoi elles ne pourraient poursuivre leurs études. Nous avons décidé de monter une opération similaire, avec le support d'Azekka. Elle aura également pour objectif de fournir des VTTs à des collégiens marocains. Nous aimerions apporter un plus, qui pourrait être le port du casque; nous fournirions alors un casque avec le vélo. Grâce au parallèle cycliste entre notre voyage et cette action solidaire, et au soutien de nos écoles respectives, nous espérons réunir l'argent nécessaire à l'achat des vélos par le sponsoring d'entreprises de nos milieux professionnels.
Nous avons contacté les responsables de PICALA au sein de l'association Azekka, principaux instigateurs du projet. Notre action a reçu un accueil très positif, et les membres de PICALA, dont Karine Aicha, présidente d'Azekka, sont heureux de nous aider dans nos démarches. Cette aide passe dans un premier temps par la mise en contact avec les associations locales pour évaluer le besoin de vélos dans différents collèges. En parallèle, nous sommes en train de démarcher les entreprises partenaires de nos écoles pour obtenir les sponsorings nécessaires. En ce qui concerne l'achat des vélos, nous avons étudié deux solutions opposées. La première est l'achat de vélos sur place, avec l'aide des associations locales. L'inconvénient de cette démarche est qu'elle est indirecte, donc difficile à contrôler, et que la qualité des vélos est inconnue. L'autre possibilité à laquelle nous pensons est l'achat de vélos neufs sur le continent européen, et leur transport jusqu'au Maroc. Cependant, la douane constitue un obstacle réel, et la première solution comporte au moins l'avantage de faire fonctionner le commerce local. Finalement, nous avons retenu la première solution.
Nous souhaitons faire coïncider notre arrivée dans les villages avec la livraison des vélos. Plus encore, une fois sur place, nous voudrions apporter une aide plus humaine avec des ateliers d'initiation à l'entretien du vélo (réparer sa chambre à air, régler son dérailleur, dévoiler sa roue, fabriquer un garde boue…), et des conseils d'utilisation du vélo (ergonomie, notions et astuces de pilotage, sensibilisation à la sécurité…). Nous espérons aussi que notre dialogue et notre interaction avec les collégiens marocains renforceront chez eux l'idée que même si tout le monde devrait y avoir accès, l'école reste un privilège. Leur motivation à continuer leurs études n'en sera que plus grande. Réciproquement, nous sommes certains d'apprendre énormément sur le plan humain au travers de cette expérience.